En 2030, 1,6 million de chaudières belges seront privées de gaz hollandais !

Les Pays-Bas ont annoncé qu’ils n’exporteront plus de gaz naturel vers la Belgique. De nombreux ménages belges seront touchés.

Dites adieu au gaz hollandais

L’arrêt de la production et de l’exportation de gaz hollandais vers notre pays est prévu pour 2030. Les ménages belges qui se trouveront sur l’axe Anvers –Bruxelles plus quelques communes du Brabant wallon, soit près d’un tiers de la Belgique, seront directement impactés. Il faudra dès lors se tourner vers une autre source. Laquelle ? Et avec quelles conséquences ?

Saviez-vous que tout le territoire belge n’est pas desservi par le même gaz ?

Le premier réseau date de 1967, transporte du gaz issu de la province de Groningen aux Pays-Bas, et dessert la province et la ville d’Anvers, Bruxelles, toutes les communes dans l’axe des deux villes, plus quelques communes du Brabant wallon. Le reste de la Belgique est traversé par un réseau plus moderne qui achemine du gaz en provenance du Qatar, de la Norvège ou de l’Angleterre.

Dès 2030, la Belgique ne pourra plus importer de gaz des Pays-Bas.

Pourquoi ?

Parce que le gisement gazier s’épuise peu à peu et que depuis 15 ans, nos voisins du nord souffrent de tremblements de terre à répétition. Un séisme pour de nombreux Belges ?

Il ne suffira pas de…

Quand, fin 2029, le gouvernement de La Haye mettra sa décision à exécution et coupera le robinet de gaz qui alimente aujourd’hui 1,6 million de foyers belges, il faudra être prêt ! Comprenez : avoir trouvé un autre exportateur !

Et ce n’est pas aussi simple que cela…

Le gaz naturel qui provient des Pays-Bas et alimente la dorsale Anvers-Bruxelles est peu calorifique, il est labellisé « low » ;  le gaz qui alimente les chaudières, boilers, et autres convecteurs des ménages belges du reste du pays est un gaz riche, qualifié « high ».

Low-high, malheureusement pas compatibles !

Changer d’exportateur revient donc à passer d’un gaz « pauvre « à un gaz « riche ». Et c’est bien là que le bât blesse, car les deux gaz ne circulent pas à la même pression dans les conduites ! Aïe Aïe. La plupart des appareils ménagers vendus avant 1978 ne fonctionnement d’ailleurs pas avec du gaz « high ». On en recense 16.000 en Belgique, qui devront donc être remplacés !

Quant aux appareils plus récents, environ 48.000, pour la plupart compatibles aux deux types de gaz, ils devront néanmoins faire l’objet d’un réglage spécifique par un technicien professionnel afin de garantir une bonne combustion et un rendement efficace.

Qui payera ?

La conversion du « low » au « high » va obliger les gestionnaires du réseau à une conversion dudit réseau. Des travaux titanesques évalués à 700 millions d’euros vont démarrer en Flandre dès 2019 avant de s’étendre aux autres régions. Fin du chantier : 2029.

La question est déjà sur toutes les lèvres : qui payera la douloureuse ? Le gestionnaire de réseau devra adapter la pression dans son réseau. C’est sa part de responsabilité. Mais à qui sera envoyé la note ? Peut-on espérer une prise en charge par le gestionnaire ? Doit-on s’attendre à une contribution de tous les consommateurs ou juste ceux concernés par le changement de gaz ? Le gouvernement fédéral ou les régions vont-ils intervenir ? Ensuite, qui prendra en charge les frais liés aux remplacements des appareils ménagers incompatibles avec le gaz « high » ? Y’aura-t-il des contrôles de conformité pour s’assurer que les conversions et autres adaptations ont bel et bien été réalisées ? A ce jour, aucune réponse ! Affaire à suivre.

En attendant, je fais quoi ?

On estime à 600.000 le nombre des ménages qui seront concernés par les révisions et autres réglages. Prenez les devants dès aujourd’hui : lors de l’entretien obligatoire de votre chaudière, demandez d’ores et déjà au technicien de vous indiquer les appareils qui devront soit être remplacés soit être réglés ! A bon entendeur…